Bob : le gentleman de Montmartre

BOB, monture panto en acétate noir inspirée du personnage de Bob le flambeur

Avant Jef Costello, avant les trench-coats et les silences, il y a eu Bob. En 1956, Jean-Pierre Melville tourne Bob le flambeur, son premier polar, et invente un personnage qui annonce tous les autres : un homme de la nuit, fidèle à ses règles, élégant sans jamais paraître y penser.

Un joueur de Montmartre

Bob Montagné, joué par Roger Duchesne, est un ancien braqueur devenu joueur. Cheveux blancs, costume impeccable, il vit la nuit, entre les cercles de jeu, les bars et les rues de Pigalle. Tout le quartier le connaît et le respecte, y compris le commissaire, avec qui il entretient une amitié ancienne.

Quand la chance le lâche, Bob conçoit un dernier projet : dévaliser le coffre du casino de Deauville, le soir où il contient le plus d'argent. Le film suit la préparation du coup, jusqu'à une fin restée célèbre pour son ironie. Nous ne la raconterons pas.

Un film qui annonce la Nouvelle Vague

Melville tourne Bob le flambeur avec peu de moyens, souvent dans les rues de Montmartre, en décors naturels, avec le chef opérateur Henri Decaë. Cette liberté, cette façon de filmer Paris tel qu'il est, marquera les jeunes cinéastes qui, quelques années plus tard, lanceront la Nouvelle Vague. Le film a d'ailleurs connu un remake américain, The Good Thief, réalisé par Neil Jordan en 2002.

On y trouve déjà tout Melville : le milieu, les codes d'honneur, l'amitié entre hommes, et le goût pour les silhouettes nettes qui traversent la nuit.

L'élégance sans effort

Bob n'a pas la raideur des futurs héros de Melville. Il a de l'aisance. Il porte ses costumes comme une seconde peau, son imperméable et son chapeau comme des habitudes. Rien chez lui ne semble calculé, et pourtant tout est juste.

C'est la forme d'élégance la plus difficile à atteindre : celle qui ne se voit pas travailler. Bob est toujours habillé, jamais trop habillé. Il est aussi à l'aise à une table de jeu à quatre heures du matin que dans la rue au petit jour.

Un gentleman plus qu'un truand

Ce qui fait le charme du personnage, c'est sa générosité. Bob protège les plus jeunes, prête de l'argent, tient parole. Dans un monde de voyous, il se conduit en gentleman. Son style est le reflet de cette attitude : soigné par respect pour les autres autant que pour lui-même.

Ce que Bob enseigne

  • L'aisance avant tout. Un vêtement élégant doit se faire oublier. S'il gêne, il ne va pas.
  • Toujours habillé, jamais trop. Soigner sa tenue sans qu'elle devienne un déguisement.
  • Le noir de la nuit. Une couleur qui passe partout, du bar à la rue, du soir au matin.
  • La douceur des formes. Des lignes arrondies plutôt qu'anguleuses, pour une élégance plus accessible.

BOB, la monture

La monture qui porte le nom de Bob n'est pas une reproduction : c'est une interprétation de son aisance. La plus ronde de l'Édition I, et la plus facile à porter. Un panto fin en acétate noir profond, poli à la main. Un verre gris dégradé, catégorie 3. Celle qu'on garde sur soi toute la journée sans y penser.

Découvrir BOB · Voir les cinq montures de l'Édition I · L'histoire de la maison

Édition II

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