Paris, 1942. Un jeune homme du nom de Jean-Pierre Grumbach entre dans la Résistance et doit se choisir un nom de guerre. Il prend celui d'un romancier américain qu'il admire, l'auteur de Moby Dick : Melville.
Il le gardera toute sa vie.
L'homme aux lunettes noires
Revenu de la guerre, Melville ne trouve pas sa place dans le cinéma français. Il s'en fabrique une. En 1949, il achète un entrepôt au 25 rue Jenner, dans le treizième arrondissement, et en fait son propre studio. Il y tournera l'essentiel de son œuvre, seul, sans demander la permission à personne.
Sur toutes les photographies qui existent de lui — sur les plateaux, dans la rue, en intérieur, la nuit — il porte un Stetson et des lunettes noires. Il ne les retire pas.
Ce n'était pas une coquetterie. C'était une méthode. Une façon de rester illisible, de regarder sans être regardé, de tenir une frontière entre soi et le reste.
Il meurt en 1973, à cinquante-cinq ans. Godard le tenait pour le père spirituel de la Nouvelle Vague. Tarantino, John Woo et Jim Jarmusch ont passé leur carrière à le refaire.
Pourquoi ce nom
Maison Melville ne vend pas du cinéma. Elle fabrique un objet précis, issu d'une discipline précise : celle d'un homme qui avait compris avant tout le monde qu'une paire de lunettes noires n'est pas un accessoire, mais une position.
Les codes sont les siens. L'acétate épais. Le noir profond et l'écaille chaude. Rien de superflu. Des pièces qui ne cherchent pas à plaire à tout le monde, produites en petit nombre.
Cinq films, cinq montures
Chaque monture porte le nom d'un personnage sorti de ses films.
- JEF — Jef Costello, Le Samouraï, 1967. Alain Delon.
- BOB — Bob Montagné, Bob le flambeur, 1956. Roger Duchesne.
- COREY — Corey, Le Cercle rouge, 1970. Alain Delon.
- SILIEN — Silien, Le Doulos, 1962. Jean-Paul Belmondo.
- GU — Gustave Minda, Le Deuxième Souffle, 1966. Lino Ventura.
Un tueur à gages qui ne parle presque pas. Un joueur de Montmartre qui perd avec élégance. Un évadé en costume qui ne demande rien à personne. Un indicateur dont nul ne sait de quel côté il est. Un truand de cinquante ans qui refuse de se tenir tranquille.
Vous les reconnaîtrez, ou pas. Cela n'a aucune importance : la monture tient debout toute seule.
Les éditions
Chaque modèle est produit en quantité limitée : dix exemplaires. Chacun porte son numéro, écrit à la main, et arrive avec sa carte d'édition signée.
Les séries sont courtes par choix. C'est ce qui permet de polir chaque monture à la main et de contrôler chaque pièce avant qu'elle parte.
La fabrication
Acétate de cellulose épais, poli à la main. Charnières métal. Verres catégorie 3, protection UV400, conformes à la norme EN ISO 12312-1. Gravure à l'or ou à l'argent sur les branches.
Dessiné à Paris.
La maison
Maison Melville est une maison française indépendante, fondée en 2026.
Le luxe n'est pas un prix. C'est une discipline.
Maison Melville est un hommage indépendant. La marque n'est liée ni à la succession de Jean-Pierre Melville, ni à ses ayants droit, ni aux détenteurs des droits de ses films.